Quand prendre la pilule du lendemain ?

La contraception d’urgence hormonale, appelée pilule du lendemain, est une véritable révolution dans la vie sexuelle de femmes. Même si elle ne remplace pas la pilule contraceptive classique, elle constitue un moyen efficace pour rattraper une erreur ou un rapport sexuel non protégé. Toutefois, il est important de savoir à quels moments et dans quelles conditions il est possible de la prendre.

À quels moments prendre la pilule du lendemain ?

Il est tout à fait légal de se rendre dans une officine ou de trouver une pharmacie de garde pour se procurer la pilule du lendemain. Elle peut être obtenue sans ordonnance ou recommandée par un médecin de garde selon le cas. Cependant, ce comprimé est remboursé par les assurances uniquement lorsqu’il est prescrit par des professionnels de santé. Les infirmeries scolaires et les centres de planification sont également autorisés à fournir gratuitement la pilule du lendemain aux mineures.

Ce médicament s’utilise le plus tôt possible lorsque vous avez eu un rapport sexuel qui pourrait entraîner une grossesse non désirée. Il contient assez de progestérone pour être efficace au moment exact de son usage. Ainsi, quand l’acte se produit avant l’ovulation, cette hormone aura pour objectif de repousser le jour de l’ovulation pour limiter le risque de fécondation. Par contre, lorsque l’activité sexuelle est effectuée pendant ou après l’ovulation, le rôle du comprimé sera alors d’empêcher la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde.

La pilule du lendemain se présente généralement sous deux formes. La première contient du lévonorgestrel et peut être prise jusqu’à 72 heures après les rapports sexuels. Quant à la deuxième, elle comporte de l’ulipristal. Celle-ci peut agir jusqu’à cinq jours après les rapports sexuels. Elle est beaucoup plus recommandée lorsque les relations intimes ont eu lieu pendant ou après l’ovulation. Au-delà de ces délais, il est fort probable que son efficacité diminue totalement.

Dans quels cas faut-il prendre la pilule du lendemain ?

Le recours à la pilule du lendemain n’est plus un sujet tabou. En effet, c’est depuis 1974 qu’elle a été légalisée en France. L’objectif était de permettre aux femmes d’avoir la mainmise sur leur fécondité et sur les conséquences de certains actes sexuels. Plusieurs raisons peuvent donc entraîner la prise de la contraception post-coïtale. Les plus fréquentes sont :

  • L’oubli du port du préservatif masculin (un rapport sans protection) ;
  • La négligence lors du port du préservatif masculin qui peut entraîner une brèche dans ce dernier ;
  • La non-utilisation d’une méthode de contraception classique ;
  • L’oubli de la prise de la pilule contraceptive sous plusieurs jours ou le non-respect des délais entre chaque prise ;
  • L’oubli de l’utilisation d’un nouvel anneau ;
  • Le retard lors de l’utilisation d’un patch contraceptif ;
  • L’inefficacité de la méthode du retrait qui consiste à ce que l’homme se retire avant l’éjaculation ;
  • L’erreur dans le calcul de la période d’ovulation ;
  • L’envie constante d’avoir des rapports sexuels même pendant la phase d’abstinence ;
  • L’incapacité, pour une raison ou une autre, de pouvoir utiliser une méthode contraceptive ;
  • La rupture de l’implant hormonal contraceptif ou du dispositif intra-utérin pendant l’acte ;
  • Après des rapports sexuels non désirés ou après une agression sexuelle.

Que faut-il savoir sur la contraception d’urgence?

La pilule du lendemain est une contraception d’urgence. Elle ne doit donc pas être utilisée comme une contraception régulière dans le but de limiter ou d’espacer les naissances. D’ailleurs, elle n’interrompt aucunement une grossesse en cours et n’est pas considérée comme un médicament abortif. En effet, lorsque l’embryon a déjà été fécondé et s’est installé dans l’utérus pour entamer le processus de gestation, la contraception post-coïtale n’est plus efficace. Il faut donc comprendre qu’elle agit uniquement en amont d’une grossesse.

Par ailleurs, les idées reçues sur la stérilité des femmes qui utilisent ce comprimé ne sont pas avérées. Il n’a effectivement pas de répercussions négatives sur la reproduction et n’accroît pas le risque de grossesse extra-utérine ou de fausse-couche. Il ne provoque pas non plus une malformation du fœtus lorsque vous le prenez inconsciemment sur une grossesse déjà entamée. Si l’usage de cette contraception n’a pas d’effets sur la sexualité de la femme ou sur sa fertilité, elle peut toutefois entraîner des effets secondaires selon son utilisateur. Il s’agit entre autres de :

  • Fatigue ;
  • Nausées ou vomissements ;
  • Maux de tête ;
  • Douleurs abdominales ;
  • Retard ou avance de l’apparition des règles ;
  • Douleurs aux seins.

La majorité de ces effets secondaires disparaissent généralement après 24 heures et ne créent pas un sentiment d’inconfort sur une trop longue durée. Vous pouvez quand même suivre les conseils d’un médecin de garde ou d’un pharmacien pour atténuer tous ces maux. En cas d’urgence, vous pouvez trouver une pharmacie de garde près de chez vous. Il faut aussi rappeler que la pilule du lendemain n’est toujours pas efficace à 100 % et qu’il est nécessaire d’adopter une méthode contraceptive classique.